Quelles perspectives openBIM en 2021 ?

Jan 20, 2021

Lors des vœux virtuels de bSFrance, Pierre MIT (président), Bernard Schaer (président du PN MINnD2) et Yannick Cotherel (président du CST de bSFrance) ont présenté les clés des enjeux et des actions openBIM pour 2021. Retranscription, comme si vous y étiez…

« 2020 marque un tournant dans la disruption numérique du secteur de la Construction, commence P.Mit. Pour entamer ces voeux 2021, dresser un bilan 2020 s’impose.

  • Les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise. La covid a forcé le changement en accélérant la transition digitale des acteurs de la Construction. Les outils et les pratiques numériques – dont le BIM – ont ainsi permis de créer de la stabilité dans un contexte instable.
  • Si tu veux aller vite, marche seul ; mais si tu veux aller loin, marchons ensemble. Ces nouveaux usages démontrent qu’il est essentiel d’adresser les processus numériquement de bout en bout, pour franchir ainsi les derniers « mètres » qui font toute la différence du point de vue de la productivité. Tel est l’enjeux et le potentiel de la continuité numérique, rendue possible par la collaboration et l’interopérabilité.

Et bSFrance s’est d’autant plus mobilisée

  • Dans ce contexte, notre devoir était évidemment d’accompagner TOUS les acteurs de la Construction parce que la notion de solidarité interprofessionnelle est inscrite dans nos gênes d’association loi 1901 ; parce que nous portons le BIM pour tous depuis 2007 (projet eXpert) ; parce que notre mission est focalisée sur l’openBIM vecteur de continuité numérique grâce à l’interopérabilité et à de pratiques-métier communes partagées. La covid aura révélé tout le sens de ce credo : le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous.
  • Se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès et travailler ensemble est la réussite. C’est ce que nous avons réussi à faire cette année malgré tout, en produisant 3 guides (« Modèles d’objets numériques », « Géoréférencer un projet BIM », « Implémenter un système de classification » – téléchargeables gratuitement), en proposant 20 conférences digitales, en menant au bout 3 actions « Compétences ». Grace à l’engagement de nos membres, épaulés par une équipe centrale mobilisée – sous le regard vigilant de notre trésorier – nous avons tenu le cap ! Au-delà des liens qui ont continué d’être tissés en région, des actions communes ont été engagées avec le PN MINnD2, avec qui nous partageons bien plus qu’une vision commune de l’openBIM pour la Construction.

 Le virage amorcé en 2020 sera complet en 2021

  • L’union fait la force. bSFrance sera dépositaire des travaux du PN MINnD lorsque celui-ci aura terminé ses travaux, mais d’ici là nous avons fort à faire, explique B.Schaer. Trois axes de travail sont à l’œuvre notamment en 2021 : structuration de la donnée (avec l’élaboration, la validation et l’implémentation des IFC pour les infras); gestion de la donnée (depuis sa création et pendant la durée de vie d’un ouvrage) induisant la mise en œuvre de la continuité et du jumeau numérique pour opérer les sauts de performances attendus notamment dans le domaine environnemental et énergétique; et enfin les outils nécessaires à cette évolution que sont les plateformes collaboratives (avec des problématiques de propriétés et d’accès à la donnée mais aussi d’IT). En plus de la coordination de nos travaux et du cycle openBIM à BIM World avec bSFrance, nous organisons cette année un grand congrès international technique –  InfraBIM Open à Lyon (30/08-1/09) – pour faire valoir les avancées techniques et nos convictions, et ainsi obtenir l’adhésion et le soutient du terrain comme des décideurs ! Une marche vient d’ailleurs d’être franchie : avec l’intégration du PN MINnD dans le projet ATLAS (sur l’implémentation des standards d’échanges), la Construction rejoint les industries dites du futur – comme l’Automobile et l’Aéronautique – au rang de « filière d’avenir » grâce l’openBIM.
  • Demain ne sera pas comme hier. Demain sera moins à découvrir qu’à inventer. La nouvelle équipe du CST – mise en place fin 2020 autour du directeur technique F.Grand, du président par intérim Y.Cotherel – donne d’ores et déjà le LA de l’openBIM. Une feuille de route est en cours pour définir les besoins et permettre la mise en œuvre de tous les cas d’usages métiers. Ces besoins permettront de déterminer les orientations et les objectifs techniques à suivre, à développer ou à rendre opérationnels : le BEM (building energy modelling), le digital twin, le Uses Cases Management, le CDE, le BCF,  le modèle IFC, la sémantique et les dictionnaires, etc. Ces sujets s’inscrivent dans la continuité des travaux existants au niveau français et international, et permettront de resserrer les liens entre les besoins exprimés par le terrain et les travaux de normalisation. bSFrance doit s’impliquer dans le foisonnement de projets internationaux – dont certains sont de l’ordre de l’IT – pour y adresser les besoins des utilisateurs et de l’openBIMpour tous explique Y.Cotherel. Sans attendre, 3 groupes de travail sont proposés  : BIM GEM, BCF, prochainement CDE et BEM. Des projets sont également montés (permettant de trouver d’autres ressources) : sur la sémantique, la certification individuelle internationale, le label formation openBIM, et sur une expérimentation du guide « Modèle d’objets numériques ». L’association se donne les moyens d’accélérer son intervention pour soutenir des axes clés à la réussite stratégique et opérationnelle de l’openBIM pour tous.
  • Seul l’avenir donne un sens au passé. Certains quittent bSFrance aux termes de leur vie professionnelle : nos remerciements vont ainsi à B.Vervandier, JM.Dupyuds – et avant lui C.Moreau – et P.Valton qui ont font de bSFrance ce qu’elle est aujourd’hui. C.Castaing change de statut pour continuer à nos côtés et assurer la liaison avec le PN MINND et bSI. D’autres vont voir leur mandat se terminer au sein de bSFrance en juin prochain. En effet, 2021 est une année d’élection pour les équipes politiques de bSFrance (CA, bureau et présidence). Le défi est donc de créer un tandem de choc CA-CST pour porter et représenter nos actions de l’openBIM pour tous.

Une remise en cause du secteur s’opère avec la crise, la création s’en trouve débridée et ainsi d’autres visions du marché, des process, des organisations émergent. Il ne s’agit plus seulement de continuer à produire grâce au numérique, mais de lui donner concrètement un sens, une trajectoire Bas Carbone. J’en appelle à tous ceux qui veulent nous rejoindre dans cette dynamique de renouveau. Soyons « ouverts » à toutes les opportunités et… osons ! ».

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