2015-2016 fut encore une année fructueuse pour le Mastère Spécialisé BIM de l’École des Ponts et de l’ESTP. Composée de 72 étudiants, la deuxième promotion de cette formation aura été riche en profils, en échanges et en projets. Thibaut Robert, coordinateur pédagogique du module des Ateliers Pratiques du Mastère au sein duquel il enseigne revient sur leurs tenants et aboutissants

Une promotion représentative du Bâtiment

Architectes, ingénieurs structures, thermiques, en infrastructure (et autre), artisans, promoteurs, gestionnaires de patrimoine, syndic de copropriété, aménageurs, économistes de la construction… la classe 2015-2016 du Mastère Spécialisé BIM offrait un panel à peu près complet du bâtiment. « Les profils comprenaient des salariés comme des dirigeant d’entreprise, des personnes de toutes les générations, et ayant différents niveaux d’expérience du BIM, précise Thibaut Robert. Les divers groupes de projets qui ont été créés ont eu des démarches passionnantes avec des rythmes variés. C’était là un écosystème très vivant et très intense. »

Appréhender le BIM par la pratique

Première étape des Ateliers Pratiques : oublier les a-priori qu’on a appris sur le BIM. « Nous incitons à un vrai changement des pratiques de nos élèves, à une remise en cause personnelle, affirme Thibaut Robert. Il s’agit de modifier leur paradigme de gestion de projet en mettant la pratique avant la théorie. Car notre objectif n’est pas de créer des techniciens du BIM mais des professionnels qui le dominent et ont la capacité de s’adapter à toute situation, tout besoin. Si chaque élève à ses idées en arrivant, ce sont toutefois des personnes volontaires qui se révèlent ouvertes à cette évolution.»
Ancré dans la pratique, le processus d’apprentissage est progressif. Les élèves apprennent la génétique du BIM en se confrontant à des problématiques tout d’abord simples (comme des mises en place de procédures ou de systèmes), puis de plus en plus riches et complexes.

Echanges et travail d’équipe au cœur du processus

Au sein de la 2e promotion du Mastère Spécialisé BIM, tout le monde se complète, s’allie et échange. On compte 5 groupes Experts (Structure, Thermique énergie, Coût global, Infrastructure et Entreprises), et 7 groupes de projets interdisciplinaires. Chacun travaille sur ses propres problématiques et « une fois qu’ils ont affronté le terrain, ils testent des échanges en ateliers et entre les groupes et font part de leurs retours pratiques sur expérience, explique Thibaut Robert. Selon le type de données et les cas d’usages rencontrés, ils échangent dans le format interopérable adéquat (comme les IFC dans certains cas). C’est de la recherche et développement pratique en somme. Ils se font ainsi leur propre idée du BIM selon leur métier, leurs envies et leurs besoins, et de larges perspectives. »

Des cas pratiques instructifs

Tout au long de l’année, les différents groupes ont réalisé des projets BIM sur des cas réels divers et variés. « Le groupe Structure a réussi à chainer une maquette architecte à la leur, permettant que toute modification effectuée sur l’une soit automatiquement synchronisée sur l’autre, relate Thibaut Robert. Un autre groupe projet a réalisé un excellent travail en élaborant le carnet numérique d’un immeuble de logement. Bien que non exhaustif, il a permis de réaliser des tests très complets. » Et les exemples se multiplient. Travail sur le BIM pour tous à l’attention des artisans ; utilisation du BIM pour étudier précisément les impacts des usages réels sur le comportement thermique d’un bâtiment ; réhabilitation lourde d’un immeuble de logement avec diagnostic BIM, définition des périmètres et usages du BIM en termes de relevés ; mappage des données pour intégration des modèles numériques vers des logiciels de gestion patrimoniale, ou encore travail sur la demande de modification d’un projet en cours de chantier via un système de visa numérique. « Pour chaque projet, les divers groupes ont travaillé de concert. Cela a permis à chaque profil d’appréhender le BIM selon ses besoins mais aussi dans une optique d’interopérabilité. »

Et Thibaut Robert de conclure : « les profils qui ressortent des Ateliers Pratiques du Mastère Spécialisé BIM sont très intéressants car ils ont assimilé cette souplesse d’utilisation du BIM essentielle aujourd’hui. Ils repartent avec de nombreux acquis mais aussi davantage de questions pertinentes qu’en arrivant, ce qui est bon signe ! Ils auront la curiosité d’aborder le BIM avec l’esprit ouvert et sauront s’adapter à chaque cas, rechercher et détecter les risques, trouver des solutions et les mettre en place ! »

© Potion Médiatique – Elise Robaglia

 

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