La première réalisation significative BIM au sein du Groupe Eiffage a été le chantier de la fondation Louis Vuitton. Un bâtiment si complexe qu’il a rendu le BIM indispensable. Autour des nouvelles pratiques mises en place, de multiples interrogations ont fait leur apparition. Dès l’automne 2012, le Comité Scientifique Groupe (CSG), instance qui fédère les ingénieries des métiers d’Eiffage, s’est donc attelé à comprendre les enjeux de cet outil, à en analyser le fonctionnement, et à s’approprier les fondamentaux de la discipline BIM . Dès lors les expériences se multiplient.

Les travaux du CSG ont rapidement identifié deux opérations significatives : la construction du Campus Eiffage à Vélizy, et le Campus Urbalad de Michelin à Clermont Ferrand. En pratique, l’objectif est simple : 100 % des études d’exécution des ouvrages doivent être des extractions du BIM de projet. Derrière, la ligne directrice d’Eiffage est de ré-imaginer et inscrire ses métiers dans le monde numérique. Sa vision du déploiement « BIM » s’illustre au travers notamment de ses multiples usages de l’outil dans le cadre d’expériences très diversifiées. Découvrez deux exemples en avant-première*.

Le Campus de Vélizy, la fabrique de l’information et la vie du trou

Par Marie-Claire COIN, EIFFAGE CONSTRUCTION

La démarche « BIM » a été lancée dès la sortie des phases avant-projet par la réalisation et la mise en place des modèles de structure et du modèle de coordination puis s’est développée au travers de tous nos métiers pour la réalisation des études d’exécution. Deux usages ont ainsi été ciblés : la synthèse technique de l’ouvrage, mais aussi les interfaces pour la définition des besoins partagés des métiers, dans des exigences de performance de l’ouvrage et des contraintes de site particulières. En tenant compte, de l’obligation de ne pas sortir du contexte maquette.
Les premières infrastructures informatiques « BIM » sont initiées et supportent notre déploiement.
La maquette du Campus est constituée par la somme des maquettes de nos métiers.
Pour l’opération, en plus de la réalisation de la synthèse des ouvrages, deux processus sont mis en œuvre.

  • Le processus BIM « fabrique de l’information » :
  • Le processus « vie du trou » :
    Au-delà de la simple détection de clash entre les différents réseaux et les différentes structures, il a été décidé de mutualiser de l’information. Ainsi la donnée « trou » est créée, identifiée, qualifiée : une dimension géométrique, un demandeur, une requête, un comportement, des attributs de statut, date, …..La donnée « trou » est partagée, historiée. La collaboration entre nos métiers est née.Les lots techniques demandent une réservation dans un élément de structure et cette demande est soumise à l’ingénieur structure à travers « l’outil » : la réservation est alors visible dans « l’outil » en superposition de la structure. Ce n’est que sur la validation de l’ingénieur, que l’élément de structure est « percé » dans la maquette.

 

 

« Entre analyse énergétique et BIM »

Par Clément BLECHET et Vianney FULLHARDT, EIFFAGE CONSTRUCTION

Les études énergétiques prennent la forme d’études réglementaires, de simulations thermiques dynamiques, de calculs d’apports solaires, etc. Elles sont encore trop souvent synonymes de re-saisie des données nécessaires à la détermination des métrés et à la caractérisation thermique des éléments de construction (matériaux, menuiseries, portes, etc.). L’avènement du BIM apporte la perspective d’une plus grande efficacité grâce au travail collaboratif. Le déploiement d’outils fonctionnels et performants facilite les échanges de données et évite les erreurs liées aux re-saisies. Trois types de passerelles sont disponibles :

      • L’export au format IFC ou gbXML pour importer les données dans un logiciel d’énergétique ;
      • L’ajout un plugin aux logiciels de modélisation pour réaliser un export plus précis, généralement directement au format du logiciel métier ;
      • L’utilisation d’un logiciel métier intégré à l’outil de modélisation. On évite ainsi le passage par des formats intermédiaires avec risques de pertes de données.

[…]Pour le moment en phase étude, notre utilisation principale des outils liés au BIM concerne les calculs RT 2012 et s’étendra par la suite aux simulations thermiques dynamiques. En phase chantier, le BIM facilite nettement la synthèse technique grâce au tracé de tous les réseaux et la détection des collisions (cf. chantier du Campus Eiffage).

« Au sein d’Eiffage, nos métiers s’inscrivent dans le numérique. Et aujourd’hui, nos métiers se parlent et collaborent dans les BIM de projet. Nous sommes en éveil, nous nous transformons. Nos expériences se diffusent dans nos filiales, et la transmission des savoirs est en marche » , conclut l’équipe d’auteurs.

* Découvrez les autres cas présentés dans la nouvelle édition de « BIM & maquette numérique » (Ed. Eyrolles), actualisée à l’occasion de Batimat et publiée début novembre.

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